˜ Libre-Fan ˜

Debian: expériences

Installation simple, installation minimale, passage à Etch + Sid
24 August 2006 - Last updated: 12 September 2006
 

Debian est effrayante, bien sûr, mais après avoir installé Xubuntu à partir du CD d’Ubuntu vous devriez vous trouver en terrain connu.

Quoiqu’il en soit, ce n’est pas si affreux, et en tous cas l’installation complète à partir d’un CD est aussi simple qu’Ubuntu en mode non graphique (comme c’était le cas, par défaut, avec Ubuntu Breezy Badger).


Contents:

Pourquoi Debian?
Installer Debian Sarge
Première aventure: le noyau
Debian sur mesure: installation minimale
Passage à Etch
Conclusion

Pourquoi Debian?

J’en avais un peu assez d’Ubuntu et la version Dapper est un peu lourde pour mon ordinateur peu puissant. Il est vrai qu’il existe Ubuntu Lite. Mais j’ai l’impression d’avoir oublié beaucoup de choses depuis que je n’utilise plus Libranet (qui n’existe plus) et que je suis passée à Ubuntu (version 4.10 Hoary Hedgehog). Eh tiens, j’ai cru voir qu’Ubuntu avait buté sur de sacrés bugs avec la mise à jour de X.org — bon j’ai échappé à ce pénible épisode. Pas eu de problème de ce style encore avec Debian.

En lisant de la documentation sur l’installation de Debian Sarge, je me suis aperçu que c’était à peu près comme l’installation d’Ubuntu. J’ai donc commencé ainsi.

Installer Debian Sarge

J’ai acheté Debian Sarge, qui est la version stable, en 2 CD, sur Ikarios parce que je suis au bas débit. Puis je l’ai installé.

- La seule différence notable avec l’installation d’Ubuntu (en mode non graphique), c’est que la carte graphique est détectée de façon visible au moment de l’installation du serveur X grâce auquel vous avez un environnement graphique (un bureau, Gnome ou Fluxbox ou autre gestionnaire de fenêtre), une souris, des couleurs, etc.

La carte fut détectée sans problème et il a suffi de valider «Annuler», je crois, pour passer à autre chose. Tout le reste s’est bien passé aussi, bonne résolution, etc.

- Au bout de quelques heures, je me suis dit que ce n’avait pas été une grande aventure et qu’Ubuntu était plus amusant s’il s’agissait d’installer Debian de cette manière et d’en rester à la version Sarge.

Première aventure: le noyau

- Je me suis alors plongée dans la formation Linux d’Alexis de Lattre. Elle date un peu mais elle est très bien faite — voir . Elle permet à quelqu’un de niveau moyen de s’aventurer un peu.

- J’ai d’abord fait un essai de recompilation d’un nouveau noyau. C’est très utile pour vous faire un Linux sur mesure, pour le dégraisser, en somme, et n’y mettre que ce dont vous avez besoin. Le noyau Linux contient tout ce qu’il faut pour toutes sortes d’ordinateurs et de matériels et plein de choses y sont inutiles dans votre cas.

L’installation du noyau et la compilation furent un succès mais le redémarrage un échec complet (kernel panic, impossible de monter la partition en reiserfs). Je pense que j’ai oublié d’installer le module Reiserfs — Alexis n’en parle pas car en France on semble en être resté au système de fichier Ext3, ce qui du reste est peut-être suffisant.

En attendant de trouver de la documentation plus à jour, j’ai choisi d’installer Debian Sarge en version minimale.

Debian sur mesure: installation minimale

La formation d’Alexis est très utile, même si certains fichiers de configuration sont dépassés. Le principe est d’installer juste la base de Debian, pas de serveur X, pas de bureau. Vous restez sur le terminal: l’écran noir de votre moniteur avec juste du texte en blanc. C’est comme la console mais en plus grand et bien lisible. J’ai bien failli ne pas installer le serveur X tellement c’est reposant et agréable.

Vous me direz, comment lit-on ses emails et comment peut-on surfer? Il existe des programmes en ligne de commande:

Ceci dit, je n’ai pas trouvé de documentation claire pour utiliser Mutt qui garde donc tous ses secrets mais j’apprécie bien W3m, Lynx et Wget.

- Mon idée n’était pas de rester sur le terminal mais d’installer le minimum de programmes pour avoir de la place pour installer une autre distribution de Linux comme Ubuntu Lite et pour avoir, de toutes façons, un Linux léger.

L’idéal aurait été de recompiler le noyau en plus — mais cela viendra un jour.

- Entre mes différentes installations, j’avais créé une partition pour garder à l’abri le contenu de /home/tuxou (nom fictif) après avoir supprimé le superflu, n’ayant pas d’autre moyen de sauvegarder près de 500Mo. J’ai confiance en Linux et j’ai fait attention de ne pas effacer moi-même cette précieuse partition. Résultat: aujourd’hui, elle est toujours là, elle se monte automatiquement dans mon nouveau /home/tuxou. Si je veux installer une nouvelle distribution de Linux, il me suffira de copier le contenu dans /home/tuxou pour être sûr de ne pas effacer la partition lors d’une autre installation, et de modifier le fichier /etc/fstab (supprimer le montage de la partition en question).

- Donc, nous voilà partis à installer une Debian de base (base install). Suivez tranquillement Alexis jusqu’à la fin du chapitre 13 de la première partie. Vous voyez qu’il vous explique à la section 2 («Installation de logiciels supplémentaires») qu’il faut valider l’écran sans rien cocher:

Pour créer un type de configuration, le debian installer propose des tâches pour des usages particuliers : serveur mail, .... Ne cocher rien, et valider. Nous allons installer nous-mêmes tous les paquets dont nous avons besoin, d’une part pour apprendre, et d’autre part, parce que nous pouvons ainsi faire du sur-mesure !

Ensuite, toute la Debian de base s’installera et vous n’avez qu’à suivre ce que vous indique Alexis et lorsque l’écran affiche «Merci d’avoir choisi Debian !» vous voilà arrivés au bout de cette première étape. Maintenant à vous les joies du terminal en folie!

- Vous allez installer les logiciels qui vous sont utiles, à commencer par Vim. Vous n’avez pas besoin de connexion à l’internet à ce stade car vous avez vos 2 CD de Debian comme dépôts — Alexis vous a montré que Debian-installer vous propose de mettre des CDrom dans la «sources.list» sans que vous ayez à la créer — à ce stade, le système de base n’est pas installé.

Dans la 2e partie de la formation, vous apprenez à vous servir de Vim de manière simple (cela m’a fait du bien de réviser!), de configurer une connexion (Ethernet, ADSL ou bas débit) et à utiliser APT.

À partir de là, installez ce qui vous convient après avoir modifié votre sources.list, si besoin. Mais cela vaut la peine de commencer par utiliser W3m qui est déjà installé, Wget, Vim, etc.

- Quand vous avez assez joué sur le terminal, reprenez la formation d’Alexis et suivez-la paisiblement en laissant tomber la configuration et la compilation d’un nouveau noyau, sauf si vous y tenez — vous pouvez toujours le faire plus tard. Continuez à vous instruire sur les charmes du terminal (appelé console dans cette formation), n’oubliez pas d’installer les fichiers de configuration utiles fournis par Alexis; pour le Shell (la console, pour simplifier), vraiment je ne vois pas l’intérêt d’installer et de configurer Zsh, gardez celui qui est là par défaut, Bash, qui est très bien. En revanche la configuration de Vim vous fera découvrir les couleurs variées que vous pouvez avoir — la configuration d’Alexis est vraiment trop coloré, j’ai choisi autre chose. Enfin, là n’est pas le plus important.

- Vous voulez maintenant un bureau et donc le serveur X. Eh bien, suivez la formation d’Alexis (Partie III: «Debian GNU/Linux en mode graphique»). Une fois le serveur graphique installé et configuré, vous pouvez installer le gestionnaire de fenêtre de votre choix. Pour rester dans la plume (la légèreté), j’ai choisi Fluxbox dont j’apprécie le dépouillement et l’efficacité.

- Pour se connecter au serveur X d’une manière graphique il faut installer Xdm ou Wdm ou Gdm ou Kdm mais vous pouvez très bien vous en passer. Au lieu d’un joli écran comme celui d’Ubuntu où vous tapez votre login et votre mot de passe, vous tapez la même chose sur le terminal en noir et blanc puis vous tapez startx pour démarrer le serveur X.

J’ai fini par installer Gdm (écran de login de Gnome), par curiosité (je ne connaissais Gnome que dans la version d’Ubuntu). Gdm ou Kdm (écran de login de KDE) permet de ne pas avoir à taper de commande pour fermer l’ordinateur ou le redémarrer — il suffit de cliquer sur la bonne option.

Il existe aussi Xdm et Wdm qui en est l’extension. Xdm est réputé très laid mais Wdm est tout à fait acceptable et il affiche le logo de Debian.

Tout de même, il peut être très utile de savoir fermer son ordinateur en ligne de commande:

# shutdown -h now

L’astuce est de ne pas écrire shutdown en entier mais shut puis d’appuyer sur la touche de tabulation (TAB) pour que la commande se complète puis vous tapez -h now et vous validez.

Un bon conseil: si vous installez Gdm ou Kdm, utilisez Aptitude car vous allez voir tout ce qui est installé pour votre contentement graphique. Si vous décidez que vous en avez assez de Gdm, Aptitude désinstallera tout le superflu.

Passage à Etch

Ensuite, j’ai eu envie de passer à Etch, car la Debian Stable, c’est bon pour un serveur mais pour nous autres c’est vraiment ancien. Si vous voulez Firefox dans sa dernière version, il vous faudra Etch avec Sid.

- J’ai donc modifié la «sources.list» pour avoir les dépôts Etch et je suis passée sans encombres à cette version. J’ai même pu passer à un noyau supérieur, sans recompilation, simplement avec une installation avec APT. Et je suis passée à Xorg comme serveur graphique. Au top, eh?

Il est toujours préférable de grimper d’une branche à l’autre, paisiblement. Nous grimpons donc de Sarge à Etch. C’est pourquoi la ligne des dépôts Sid est désactivé (ainsi que les dépôts debian-multimedia qui sont inutiles pour le moment). Une fois cette étape franchie, il sera temps de modifier la sources.list, d’y supprimer les signes # et ainsi d’activer les dépôts Sid et debian-multimedia.

Voici une sources.list fonctionnelle pour Etch uniquement:

deb http://security.debian.org/ testing/updates main contrib non-free
deb http://ftp.fr.debian.org/debian etch main contrib non-free
# deb http://ftp.fr.debian.org/debian sid main contrib non-free
# deb http://www.debian-multimedia.org/  etch main

- J’ai supprimé Gdm pour installer Wdm qui est beaucoup plus léger. Fluxbox arrive ainsi en un instant (ou deux).

- Ensuite, j’ai installé les logiciels qui me convenaient:

Et ce doit être tout.

- Passage à un noyau supérieur. Sarge est au noyau 2.6.8 (en août 2006) et Etch vous permet de passer à un noyau plus récent (2.6.15 en août 2006) mais il ne le fait pas automatiquement. Il n’est pas nécessaire de changer de noyau. Si vous y tenez, voici comment faire:

# apt-cache search linux-image | less

— la commande less vous permet de dérouler le contenu qui ne s’affichira pas sur un seul écran — utilisez la fèche de direction du bas et quand vous avez trouvé votre noyau, appuyer sur la touche q (= quit) pour retrouver l’invite.

# apt-get install linux-image-xxxxx

Quand vous redémarrerez l’ordinateur vous verrez que l’écran de boot a changé: GRUB incorpore le nouveau noyau et le présente en premier. Ainsi, par défaut, l’ordinateur démarre sur le noyau le plus récent. En principe, tout doit fonctionner sans histoires. tant que vous n’avez pas redémarré, vous restez sur l’ancien noyau.

Je n’ai pas encore trouvé un moyen rapide de désinstaller l’ancien noyau qui est inutile puisque le nouveau fonctionne très bien. Les vieux fichiers tiennent sans doute de la place, bien inutilement, ce qui est d’ailleurs le seul inconvénient.

- Enfin, j’ai activé les dépôts Sid (en supprimant le signe # devant la bonne ligne) et j’ai mis tout le tintouin à jour: # apt-get update puis # apt-get upgrade. Dernièrement, ces dépots ont causé un problème avec OOo, selon APT, alors je les ai désactivés dans la «sources.list». De nouveau update et de nouveau upgrade pour avoir la mise à jour version Etch. Tout va bien. Et depuis j’ai réactivé les dépôts Sid et tout va bien de nouveau.

- NB: si vous choisissez de passer de Sarge à Etch par l’internet, comme je l’ai fait, vous devez disposer d’un gros forfait si vous êtes en bas-débit. Si vous incluez les dépôts Sid, les mises à jour (upgrade) sont souvent importantes surtout si vous avez installé OOo (40 à 100 Mo). Comptez 4 à 8 heures pour les mises à jour pour Etch + Sid.

- Vous pouvez installer Etch directement (système de base) en téléchargeant le premier CD d’Etch depuis un miroir de Debian, vous installez juste la Debian de base et pour finir vous ferez la mise à jour du système et des logiciels que vous aurez installés.

- J’ai enfin activé le dépôt debian-multimedia qui remplace debian-marillat mais je n’ai encore rien installé car je n’ai pas encore eu le temps d’écouter la BBC. Cette nouveauté a produit une erreur (PUBKEY) qui est résolue — voir Audio et vidéo avec xine, MPlayer et VLC, sous Linux.

- Voici ce qu’occupe / : 1.5 Go auxquels il faut rajouter /home et moins de 100 Mo pour /opt qui est à part et contient /www — répertoire des sites en local. Mais DSL ou Puppy Linux font beaucoup mieux en terme de petitesse et d’efficacité! Je dois encore supprimer l’ancien noyau, cela fera un peu de place. Xubuntu occupe 1.2 Go mais sans LAMP, mais il est moins rapide sans doute à cause de l’environnement Xfce et Ubuntu Lite doté d’Icewm n’est pas passionnant mais plus léger que Xubuntu. Tous les deux sont moins souples que Debian: vous ne pouvez rien supprimer de ce qui est installé par xubuntu-desktop car cela vous supprime du même coup le paquet xubuntu-desktop. Voir Xubuntu, variante d’Ubuntu.

- Les disquettes et la clé USB marchent très bien (avec la commande mount) mais le lecteur Zip ne veut rien entendre. Il y a sans doute quelques utilitaires à installer, du genre USBmount.

- Pour me connecter à l’internet, j’utilise la ligne de commande en simple utilisateur: $ pon; déconnexion: $ poff — voir Xubuntu, variante d’Ubuntu. Cela me convient parfaitement car c’est rapide et efficace. Pour que ces commandes fonctionnent, il faut avoir configuré la connexion à l’aide de PPPconfig et Alexis vous propose des copies d’écran pour vous aider — même sans ce document, c’est vraiment très facile. Une seule remarque: j’ai rajouté l’utilisateur «tuxou» lors de la configuration (dans la configuration avancée) pour permettre à tuxou d’utiliser les commandes pon et poff. L’utilisateur tuxou est déjà inscrit dans les groupes dial-out et dip lors de l’installation de Debian, ce qui peut-être suffisant pour vous permettre de vous connecter et de vous déconnecter sans passer par root.

- Je n’ai pas encore créé sudo alors je passe en root par la commande su, puis en tapant le mot de passe. Mais sudo est recommandé même pour Debian. Voir Root et Sudo.

- Je n’ai pas installé de parefeu car Firestarter impliquait d’installer tout un paquet de choses gnomiques. À la place, il est conseillé d’installer Shorewall mais je n’ai pas encore pris le temps de le configurer. À suivre.

- Je ne suis pas arrivée à configurer les menus de Fluxbox comme je le faisais sous Libranet et je ne me suis pas lancée dans la modification des thèmes de Fluxbox (c’est très amusant mais cela prend du temps). Fluxbox a dû se sophistiquer au fil du temps et OOo refuse de s’inscrire dans le menu «Apps» mais la ligne de commande est là pour lancer le traitement de texte ou le module de dessin/PAO ou encore le tableur: oowriter ou oodraw ou oocalc.

- Je n’ai pas trouvé le moyen d’agrandir la police de la console de façon permanente (dans un fichier de configuration) alors que je l’avais fait sous Libranet — la touche Ctrl-clic droit de la souris affiche un menu dans lequel vous pouvez choisir la taille de la police mais si vous quittez la console, il faut recommencer.

- XMMS semble très bien marcher: pas d’interruption du son mais ALSA semble avoir du mal avec VLC: interruptions du son plus ou moins longues. Pour le son, voir Lire les MP3 sous Ubuntu Dapper et améliorer le son.

Conclusion

Effroyable, Debian ne l’est plus du tout. Il est vrai que tout ne doit pas être parfaitement configuré chez moi et qu’il doit y avoir des améliorations à faire. Mais ça marche et je peux faire tout ce dont j’ai besoin.

J’utilise Debian Etch + Sid depuis un mois avec satisfaction, quotidiennement.

Il ne reste plus qu’à chercher dans les archives de la liste diffusion des utilisateurs de Debian ou de poster un message, pour trouver les solutions aux quelques problèmes rencontrés.

Bref, me voici loin d’être une Debian Woman — c’est dans les liens...

Consultez si besoin le « Glo(u)ssaire cum Commentaires ».

Vous trouverez davantage de liens précisément dans « Liens vers Mozilla, le Libre, les menaces ».

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