˜ Libre-Fan ˜

Dual-boot avec Linux

Exemple concret : Libranet 2.8.1 + M$Windows
9 février 2005 - Dernière mise à jour : 30 mai 2006
 

Il n’y a pas de recette universelle mais les exemples peuvent servir. J’ai seulement imaginé un disque dur bien plus grand que le mien pour pouvoir faire des partitions plus intéressantes.

Il est possible d’adapter ce qui suit pour un dual boot de deux distributions différentes de Linux.


Au sommaire :

Repérer son matériel
Prévoir les partitions pour Linux
Installation de Libranet 2.8.1
Tour d’horizon
Lire une partition de Windows sur Linux
Et Mozilla dans tout ça ?
Les langues ! Where’s my French ?
Conclusion

Nous partons de l’idée que vous avez installé Win98SE-98Lite — voir M$Windows acceptable : est-ce possible ? — ou tout autre Windows. Rappel : PC Lite offre aussi une version XPLite-Free Trial (sans limitation de durée) — profitez-en !

On installe d’abord Windows car il serait incapable de démarrer Linux, alors que Linux saura tout prendre en main. Windows ne voit même pas une partition Linux.

Repérer son matériel

Cette étape semble moins utile avec des distributions récentes de Linux, telle Kaella qui paramètre tout le matériel toute seule, ou Ubuntu qui semble bien se débrouiller aussi sans presque rien vous demander.

Mais il vaut mieux tout prévoir et avec Libranet 2.8.1., cette étape est indispensable.

Everest (Lavalys) est un logiciel pour Windows (il n’est plus gratuit et n’a jamais été libre) qui permet d’afficher et d’imprimer tout le matériel qui constitue votre ordinateur (de la souris au processeur en passant par le moniteur et le lecteur de CD-Rom). Choisir de préférence la version .zip — voir .

C’est très utile en particulier pour installer Linux, au moment où sont reconnus et paramétrés moniteur, résolution de l’écran, clavier, souris, carte vidéo, carte son, CD-Rom, etc. C’est souvent automatique mais il faut être en mesure de vérifier si c’est exact. Choisir pour le moniteur un taux de rafraîchissement trop élevé peut le réduire en fumée. En choisissant une carte son incorrecte, vous n’aurez pas de son. Encore une fois, toutes les distributions ne vous demandent pas de faire vous-même des choix délicats.

Pour vérifier si votre matériel est reconnu par Linux, allez fureter sur des sites Linux. Le site de Mandriva contient une liste, par exemple, et essayez un CD-Rom Live — voir Linux sur le vif : Ouvertures avec Kaella, Damn-Small-Linux et Ubuntu.

Prévoir les partitions pour Linux

- Suggestions de partitions

Si vous avez une partition étendue réservée à Windows et le reste mais encore de la place sur votre disque dur (ou un autre disque dur) vous pourrez créer un nombre limité de partitions pour Linux. En effet, vous ne pourrez créer que des partitions primaires, limitées à 4, et il y en a déjà une pour Windows (C). Il vous reste donc 3 partitions.

— Suggestion 1 — minimum vital : 3 partitions

Swap / (racine) /home

NB : La partition /home qui n’est pas nécessaire est cependant vivement recommandée — si vous devez réinstaller Linux, ce sera sur la partition / (partition racine) et vous ne perdrez pas vos documents. Ce qui ne vous dispense pas de garder des copies sur un support (disquette, disque zip, CD-R, autre disque dur).

— Suggestion 2 - grand luxe

Swap / (racine) /home /opt /var /tmp

Si vous avez laissé de la place dans la partition étendue — dans laquelle vous avez fait des partitions pour le Swap, pour vos programmes et pour vos documents sous Windows, comme il est suggéré dans M$Windows acceptable : est-ce possible ? — vous pourrez créer très facilement autant de partitions que vous voulez pour Linux.

En effet, à l’intérieur de la partition étendue vous pouvez créer autant de partitions dites « logiques » que vous voulez. Linux n’a même pas besoin d’être installé sur une partition primaire.

Il est recommandé de placer la partition de boot (démarrage) avant la partition / (racine) mais une distribution comme Libranet ne le permet pas. Elle n’est pas indispensable non plus. Les partitions /var et /tmp sont utiles car ces répertoires provoquent de la fragmentation ; celle-ci sera maintenue dans les limites des partitions au lieu de s’étendre sur le reste du disque (ou d’une partie du disque) réservé(e) à Linux. La partition /var est utile si vos courriers arrivent là et si vous faites un site (en local ou non) avec Apache. D’autre part, ces deux partitions sont utiles pour des raisons de sécurité — voir forum du Glo(u)ssaire I : La machine et les systèmes.

— Suggestion 3 : toute simple

swap / /home

- Assemblage

Vous trouverez sur le Web tous les renseignements sur le système des fichiers de Linux et leur arborescence. Quelques informations dans Conseils pour la sécurité de l’ordinateur ; voir aussi et en particulier Léa-Linux. Les partitions ne sont pas désignées de la même façon que sous Windows.

En reprenant l’exemple de la table de partition donnée à titre de suggestion dans M$Windows acceptable : est-ce possible ? et en le précisant, voici ce que l’on pourrait avoir pour un DD de 40 Go (il vaut mieux avoir deux disques durs qu’un unique et gigantesque DD).

— Côté Windows

C D E F G
Windows Swap Programmes Documents Audio-vidéo
500 Mo 500 Mo 1 Go 3 Go 15 Go

La partition étendue va de D à la fin du disque dur et englobe donc l’espace libre.

— Côté Linux

Pour Linux on fait des partitions dans l’espace libre non-partitionné de la partition étendue, à la suite de la partition G — certaines seront transformées en partitions primaires, comme indiqué dans le tableau :

Swap / /home /opt /var /tmp
primaire primaire part. logique part. logique part. logique part. logique
500 Mo 5 Go 10 Go 1 Go 1 Go 700 Mo
swap reiserfs reiserfs reiserfs reiserfs reiserfs

La dernière ligne indique les systèmes de fichiers recommandés pour chaque partition. Il se peut que telle distribution n’accepte pas « reiserfs » mais seulement « ext3 ». L’avantage de Libranet, qui date pourtant, est d’accepter ce système de fichier performant et le proposer dès l’installation, sans difficulté.

Il est possible de partager la partition Swap entre Windows et Linux mais si vous ne manquez pas de place ce n’est pas nécessaire.

La partition /opt sert à placer tous les logiciels installés manuellement (par exemple les Mozillas) — Utiliser Apt en local, hors connexion

— Suggestion de table simplifiée dans l’espace libre de la partition étendue

Swap / /home /opt /tmp
500 Mo 5 Go le reste 1 Go 700 Mo

— Récapitulatif Windows + Linux sur un seul disque dur, sans indications de taille des partitions (table simple) :

C D E F G Swap / /home /opt /tmp
hda1 hda5 hda6 hda7 hda8 hda9 hda10 hda11 hda12 hda13

La deuxième ligne représente le nom des partitions données par Linux. La première partition logique est toujours /dev/hda5 car la partition étendue correspond à hda4.

En fait, le nom complet d’une partition Linux est /dev/hda1, etc. (« dev » veut dire device qui veut dire « périphérique » ; « hd » veut dire hard drive). Ainsi, le disque dur sera « hda » et le lecteur de CD-Rom sera appelé « hdc » (s’il est le disque maître sur le 2e contrôleur IDE). Un 2e disque dur sera probablement noté « hdb » s’il est le disque esclave sur le 1er contrôleur IDE).

Bref, avant de se lancer dans Linux il faut comprendre la logique de ce système et avoir votre table de partition déjà prête sur une feuille de papier. Convertissez les Go en Mo (1 Go = 1024 Mo) car c’est en Mo qu’il faudra définir la taille de chaque partition Linux.

Installation de Libranet 2.8.1

Cetet distribution est surannée maintenant. MAis c’est un exemple qui peut toujours servir de modèle.

Voir d’abord le guide d’installation sur le site de Libranet — il va disparaître, dépêchez-vous — (en anglais) : fichier PDF avec copies d’écran.

Le partitionnement se fait très facilement au cours de l’installation. Lançons-nous donc. Mettez le CD-Rom n°1 de Libranet dans le lecteur au démarrage ou au redémarrage de l’ordinateur.

Touches du clavier Traduction Fonction
Tab Touche de tabulation passer d’un champ ou d’un bouton à l’autre
Space Barre d’espacement activer/désactiver cocher/décocher
Enter Touche « Entrée » valider
Up/Down Touches de direction haut et bas Sélectionner dans une liste

— Les boutons sont du style « OK » ou « Cancel » (= « Annuler »).

Tour d’horizon

Voilà — laissez-vous guider et vous devriez arriver en douceur à l’écran de d’accueil (login) de Libranet : un champ attend votre nom d’utilisateur, (tuxou, dans notre exemple), validez, nouveau champ pour le mot de passe, validez. Hep, avez-vous appuyé sur la touche « Verr Num » du bloc numérique ? Sinon, les chiffres que vous tapez dans le bloc ne sont pas enregistrés dans le mot de passe et Libranet vous barre la route — plus qu’à recommencer : login (= nom d’utilisateur), validez, mot de passe, validez.

Voilà — vous arrivez sur l’environnement de bureau IceWM et vous pouvez aller ébouriffer les menus (pour les afficher, cliquez sur l’icône en bas à gauche), essayer les différents thèmes, les logiciels.

Prenez le temps d’inspecter Xadminmenu, accessible avec le mot de passe de root qui est spécifique à Libranet, sorte de plateforme d’admnistration de Linux où vous pouvez faire des configurations, des téléchargements, des modifications, etc. avec quelques clics. Oh, il y a même des plugins pour Mozilla...

Si IceWM ne vous plaît pas, changez d’environnement — menu « Window Manager » > « KDE », par exemple, ou Gnome. Si cela ne fonctionnait pas, icône IceWM en bas à gauche > « log out » > « Ok » et retour ainsi à l’écran d’accueil. Là vous pouvez sélectionner l’environnement souhaité dans Sessions et après login et mot de passe, Libranet vous propose d’enregistrer cet environnement comme « par défaut ».

Lire une partition de Windows sur Linux

Ce qui fait l’intérêt du dual boot, ce n’est pas seulement d’avoir deux OS sur un seul ordinateur mais surtout de pouvoir partager des documents entre deux OS, sans avoir à passer de l’un à l’autre.

Cette partie est librement et partiellement adaptée de Multiple Linux Distros on one Drive par Motub (home.planet.nl).

Bien sûr, nul ne sera étonné d’apprendre que Windows ne lit ni ne voit des partitions Linux, sans un logiciel spécial mais que Linux lit toutes les partitions Windows — il lui faut un logiciel spécial (CaptiveFS sous KDE) pour écrire sur le système de fichier NTFS de WinXP.

Faisons simple et voyons comment faire pour lire une partition Windows Fat ou Fat32 sur Linux. Il devrait être possible de créer une ou deux partitions en Fat32 sous WinXP pour vos documents à partager avec Linux.

Imaginons que vous avez créé le compte de l’utilisateur « tuxou ».

— Voici un bout de ce fichier, /etc/fstab, qui varie selon votre table de partitions de Linux et que j’ai adapté en m’inspirant d’une des tables de partitions suggérées plus haut.

# /etc/fstab: static file system information.
#
# <device> <mount point>   <type>   <options>                    <dump> <pass>

/dev/hda11 /home           reiserfs defaults                     0      2     
/dev/hda1  /windows        vfat     defaults,gid=windows,umask=007 0      0     
proc       /proc           proc     defaults                     0      0     

/dev/fd0   /floppy         auto     defaults,user,noauto         0      0     
usbfs      /proc/bus/usb   usbfs    rw,devmode=0660,devgid=432   0      0     
/dev/hdc  /cdrom  udf,iso9660  defaults,user,noauto,ro  0  0

Vous voyez que la partition primaire où est installé Windows apparaît (Libranet a fait cela tout seul) et qu’elle est accessible depuis Linux — ne vous amusez pas à effacer n’importe quels fichiers !!

Nous voulons rajouter la ligne suivante pour que la partition des documents (F sous Windows = ici /dev/hda7) soit disponible sur Linux.

/dev/hda7 /home/tuxou/wintosh vfat auto,users,rw,exec,uid=tuxou,gid=tuxou,umask=007  0      0

À adapter. Sans votre papier où vous avez copié la table des partitions, vous voilà dans de beaux draps pour déterminer le n° de /dev/hda qui correspond à /home...

Si vous avez une partition de documents G (audio, vidéo), vous pouvez aussi la rajouter en adaptant cette ligne, sans oublier de créer un répertoire.

- Quelques explications.

Si vous n’avez pas envie de tout comprendre, contentez-vous de copier la ligne et de la coller juste avant la ligne qui commence par /dev/fdo floppy. Respectez impérativement les espaces et les absences d’espace (après les virgules par exemple). Changez le n° de la partition, le nom du répertoire (« tuxou »), le nom de l’utilisateur (= UID) et celui du groupe (= GID).

En gros, cette ligne fait de la partition F (vos documents sous Windows) un simple répertoire de /home/tuxou/. Tous les documents sont là ainsi que les dossiers. Vous pouvez les voir, les copier, les déplacer, les effacer, ouvrir les fichiers et les modifier, les renommer, etc. Cette partition est « attachée » (mounted) au démarrage de Linux (donc directement accessible). Elle est protégée (elle ne peut être modifiée que par « tuxou » et son groupe, et bien sûr par root) — tout comme /dev/hda1 (Windows) puisque le répertoire /windows appartient à un groupe précis, appelé « windows ». Si tuxou ne fait partie du groupe Windows il ne peut rien faire sur cette partition — cela vaut mieux !

Et Mozilla dans tout ça ?

Si vous avez installé vos profils pour Mozilla-Firefox et pour Mozilla-Thunderbird dans un dossier « Mozilla » et dans un dossier « Thunderbird » dans la partition F (vos documents) sous Windows et que vous voulez les partager avec Linux, vous pouvez maintenant indiquer à Firefox et à Thunderbird le chemin de leur profil (vous êtes sous Linux).

/usr/local/firefox/firefox -profilemanager

(Ici, Firefox est installé dans /usr/local)

- En fait, j’ai renoncé à partager les profils Mozilla entre Windows et Linux parce que je n’utilise plus du tout Windows pour l’internet. L’internet bas-débit marche bien mieux sous Linux et c’est bien plus sûr (beaucoup moins de risque de virus).

Les langues ! Where’s my French ?

dpkg-reconfigure -plow locales

— Sélectionnez dans la fenêtre de ternimal (en couleurs) qui s’ouvre toutes les langues que vous voulez : pour chaque langue sélectionnez avec les touches de direction et la barre d’espacement toutes les variantes disponibles (3, je crois) avec et sans Euro, etc, pour fr, etc. Les langues choisies doivent être marquées d’un *. Ensuite allez sur « OK » et choisissez la langue par défaut, fr, par exemple.

Conclusion

- Je n’utilise plus du tout Windows depuis que j’ai installé ou mis à jour tout ce dont j’ai besoin sous Libranet.

- L’avantage de Libranet est que cette distribution est très facile à installer seule ou aux côtés de Windows et que le partitionnement est très facile — bien plus rapide et amusant qu’avec fdisk sous Windows...

- Voir aussi : Comparaison : Libranet, Kaella, Ubuntu

- L’inconvénient est que Libranet n’est plus développée depuis fin 2005 mais vous pouvez passer maintenant à Ubuntu ou à Debian. En attendant Dapper Drake, je vais installer Debian car je m’ennuie un peu sous Ubuntu-Breezy...

Bref, Libranet reste une excellente base pour installer et utiliser des distributions dérivées de Debian.

À suivre : dual boot avec deux distributions de Linux — voire multiple boot avec plus de deux...

Consultez si besoin le « Glo(u)ssaire cum Commentaires ».

Vous trouverez davantage de liens précisément dans « Liens vers Mozilla, le Libre, les menaces ».

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